Les Émotions des animaux de Marc Bekoff

L’existence des émotions des animaux a été réfuté pendant longtemps, mais de nos jour les sceptiques ce font de plus en plus rare. Ce livre nous présente de nombreuses études et anecdotes témoignant l’expression de ces émotions. Cependant l’objet du livre n’est pas de prouver l’existence des émotions chez les animaux,  mais plutôt d’amener à une réflexion sur la place des animaux dans la société.

Chapitre 1: Arguments en faveur des émotions animales; raisons de leur importance

Dans ce chapitre, Marc Bekoff nous expose de nombreuses études scientifiques et anecdotes montrant l’expression des émotions chez les animaux que ce soit des émotions primaire comme la peur ou des émotions secondaires, plus complexes,  comme l’empathie.

Ce sont ces émotions qui sont à l’origine des liens si particulier que l’homme entretient avec les animaux. En effet, comme l’écris Bekoff, « en l’absence de langue commune, les émotions sont peut-être le moyen le plus efficace pour établir une communication entre les espèces« . Ces liens particuliers peuvent avoir un rôle thérapeutique (catalyseurs sociaux, aide aux personnes victimes de maltraitances,…). « On ne surestimera jamais assez combien les animaux nous sont précieux. Ce sont leurs émotions qui nous attirent. Mais bien que nous ayons besoin d’eux, beaucoup s’en sortiraient mieux sans nous ».

« Beaucoup de gens font preuve d’amour et de dévouement pour leurs animaux familiers. Mais sans l’avoir vraiment prémédité, sans se poser de questions ou le regretter, ils peuvent tout aussi bien maltraiter ouvertement les animaux dans des cadres différents » Bekoff, soulève le fait que même si de nos jours, les émotions des animaux sont reconnues, les « oublier » permet de ne pas culpabiliser quant au sort réservé à certaines espèces animales. Le contraste entre le sort réservé aux animaux de compagnies (souvent considérés comme un membre à part entière de la famille) et aux autres espèces n’a d’autre justification que le bénéfice qu’en retire l’homme. Fermer les yeux sur la souffrance animale ne peux plus être toléré désormais.

Chapitre 2: Éthologie cognitive : intelligence et affectivité animales

Il ne peux y avoir de doute sur la capacité des animaux à penser notamment grâce à la flexibilité comportementale. « Les animaux font preuve de flexibilité dans leurs schémas comportementaux; ce qui montre bien qu’ils sont conscients, passionnés, qu’ils ne sont pas juste « programmés » par l’instinct génétique ». En effet, les animaux ne répondent pas aux stimulus uniquement par réflexe (voir article conditionnement vs apprentissage).

« L’éthologie cognitive est l’étude comparée, évolutionniste et écologique de l’esprit animal. Elle s’attache à la manière dont pensent les animaux, à la nature de ce qu’il ressentent ». Les éthologues cognitifs cherchent à pénétrer dans le monde des animaux, notamment grâce à l’observation de ces derniers en milieu naturel. Mais ce travail a ces limites : « il y a très peu de chances pour que les individus d’une autre espèce appréhendent le monde de la même manière que nous. Il est peu probable, d’ailleurs, que les membres d’une même espèce perçoivent tous le monde de manière identique; il est donc important de rester attentif à l’éventualité de différences individuelles. »  La majorité des animaux « vivent dans un monde sensoriel très différent du nôtre » ce qui ne facilite pas notre compréhension de leur appréhension du monde et chaque individu a ces spécificité qu’il faut prendre en compte. L’étude des émotions ne peux pas être étudier de façon strictement scientifiques.

Chapitre 3: Les passions animales: ce qu’éprouvent les animaux

Marc Bekoff détaille certaines émotions animales (liste loin d’être exhaustive): la joie, la colère, la peine, l’amour, la gêne, la crainte et le sens de l’humour. Ces émotions sont traduits par des expressions faciales, des postures, des vocalises,…

Ces descriptions détaillées nous montre à quel point les émotions que ressentent les animaux peuvent être similaires aux notres.

Chapitre 4: Justice, empathie et fair-play: l’honneur chez les animaux

L’étude du jeu (chez les carnivores domestiques) apporte un grand nombre de donné sur les comportements sociaux des animaux et sur leur moralité (ils suivent des règles, font preuve d’empathie, d’équité…).

« La ‘survie du plus fort’ est un concept dont la pensée et la réflexion théorique sont imprégnée. Mais la recherche actuelle n’en fait plus le principal moteur de l’évolution. […] Les animaux continuent bien sûr à se faire concurrence, mais la coopération occupe une place centrale dans l’évolution du comportement social, ce qui en fait une clé de la survie. ». Comme le dit le proverbe l’union fait la force. En effet, la coopération des individus est un facteur essentiel à la survie. La coopération inter espèce pourrai de même être un facteur essentiel à l’équilibre de la nature et à la survie des différentes espèces.

Chapitre 5: Questions délicates: réponse aux sceptiques; science et incertitude

Mark Bekoff partage un point de vue très intéressant concernant l’anthropomorphisme. L’anthropomorphisme qui est l’attribution de caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine à d’autres entités est souvent condamné. En effet, lorsque l’on veux analyser le comportement d’un animal il ne faut pas le confondre avec un humain (par exemple: un singe qui « sourit » est un singe qui met en garde et non pas un singe heureux). Cependant « en tant qu’humains, nous ne pouvons décrire et expliquer le comportement des autres animaux qu’en employant des mots qui nous sont familiers d’un point de vue anthropocentrique. […] Ainsi, nous ne prêtons pas aux animaux quelque chose d’humain; nous identifions des similitudes et nous utilisons le langage humain pour traduire ce que nous observons ».  Cette subtilité est très importante à comprendre. En effet, on peut utiliser des termes et des notions qui nous sont familiers, mais ce n’est pas pour autant que l’on doit oublier les spécificités de l’espèce étudié.

Chapitre 6: Choix éthiques: de l’usage de nos connaissances

Marc Bekoff termine son livre par ce chapitre qui est un appel à l’action, en invoquant le principe de précaution: « l’absence de certitude ne doit pas être une excuse pour différer nos actes […] Pour ce qui est des émotions animales, je pense que nous en savons suffisamment pour modifier, dès maintenant, notre façon de traiter les animaux ». Il ne met pas simplement le doigt sur les différents domaines où un effort doit être fait, mais propose quelques pistes de réflexion pour améliorer la condition animale.

En expérimentation animal, le respect plus strict des recommandations, notamment la « règle des 3 R » : Remplacer (les techniques invasives par des techniques non invasives, le modèle animal par d’autres modèles ); Réduire (le nombre d’animaux utilisés); Raffiner (Améliorer les techniques afin de réduire la souffrance animale, améliorer la reproductibilité,…). Les laboratoires de recherche prennent de plus en plus en compte le bien-être animal. En effet, il a été prouvé que le stress altérait leurs résultats. Il est donc dans leur intérêt d’améliorer les conditions de vie de leurs sujets d’expérimentation. L’amélioration des techniques non-invasives (ex: imagerie) et de techniques de remplacements doivent être privilégié pour limiter la souffrance des animaux de laboratoire.

Dans les exploitations agricoles, à l’heure de la grande consommation, l’élevage industriel est le domaine utilisant le plus d’animaux dans des conditions alarmante. La solution proposée est  le végétalisme.  Pour ma part, je prône au minima une consommation plus réfléchi.  Favoriser les produits locaux de petits producteurs, car tout le monde ne peux/veux pas devenir végétarien mais tout le monde devrait faire cet effort de ne pas soutenir la production industrielle.

Sont enfin abordés les animaux captif dans les zoos (souvent placés dans des environnement peu adapté, des interactions sociales inter espèces peu  respecté et de nombreux transfert) et les animaux sauvage dont l’environnement est sans cesse modifiés par l’activité humaine.

A notre niveau chacun peut apporter sa pierre pour l’amélioration de la condition animal. En consommant de façon responsable et en faisant prendre conscience autour de nous qu’il faut agir. Pour beaucoup de chose, l’action devrait venir des autorités, c’est le combat de nombreuses associations que vous pouvez également soutenir.

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